En Thaïlande, plus de 20 000 personnes perdent la vie sur les routes chaque année, et environ 75 % des accidents graves impliquent des deux-roues. Pour un expatrié ou un voyageur français, rouler sans les bons documents revient à conduire sans filet : en cas d’accident, aucune assurance ne prendra en charge vos frais médicaux. J’ai vu trop de Français se retrouver dans des situations critiques pour ne pas insister sur ce point dès le départ.
La bonne nouvelle, c’est que se mettre en règle est simple et peu coûteux. Voici tout ce qu’il faut savoir pour conduire légalement en Thaïlande, que vous soyez de passage ou installé sur place.
Quel permis pour quel statut ?
Le document à posséder dépend directement de la durée de votre séjour en Thaïlande. Beaucoup de Français partent du principe qu’un permis français suffit : c’est faux. D’autres pensent que le permis international les couvre indéfiniment : c’est faux aussi.
Séjour de moins de 3 mois (touriste)
Pour conduire légalement pendant un court séjour, vous devez présenter deux documents ensemble : votre permis de conduire français et votre permis de conduire international (PCI). Le PCI seul n’a aucune valeur juridique, c’est une simple traduction officielle de votre permis national.
Pour la voiture, il vous faut le permis B. Pour le scooter ou la moto, vous devez impérativement détenir le permis A et que la catégorie A soit tamponnée sur votre permis international. Le permis A1, obtenu par équivalence du permis B en France, n’est pas reconnu en Thaïlande. C’est le piège que la majorité des Français ignorent.
Séjour de plus de 3 mois (expatrié, résident)
Au-delà de 3 mois, le permis international n’est plus valable. Si vous êtes titulaire d’un visa non-immigrant (O, OA, B, ED, OX), d’un visa Elite, d’un Smart Visa ou d’un visa LTR, vous devez obtenir un permis de conduire thaïlandais auprès du Department of Land Transport (DLT). C’est la seule façon de conduire en toute légalité et d’être couvert par une assurance.
| Situation | Document requis | Coût |
|---|---|---|
| Touriste (< 3 mois) | Permis français + PCI | 7,25 € |
| Expatrié (> 3 mois) | Permis thaïlandais (DLT) | 205 THB (voiture) / 105 THB (moto) |
| Résident sans permis étranger | Examen complet au DLT | 205 THB + frais de formation |
Comment obtenir le permis international avant de partir ?
Depuis le 3 mars 2026, la demande de permis de conduire international est entièrement dématérialisée. Fini les dossiers papier envoyés par courrier à Cherbourg avec des délais de 3 mois. La procédure passe par le portail en ligne de l’ANTS (France Titres) et coûte 7,25 € par carte bancaire.
Pour faire votre demande, vous aurez besoin d’un justificatif d’identité, d’un justificatif de domicile de moins de 6 mois, de votre permis de conduire français en cours de validité et d’une photo d’identité numérique (code e-photo). Le délai de traitement est estimé entre 2 et 4 semaines. Prévoyez donc de lancer la demande au moins un mois avant votre départ.
Le PCI est valable 3 ans ou jusqu’à l’expiration de votre permis national si celle-ci est antérieure. Il couvre les mêmes catégories que votre permis français : vérifiez bien que les catégories A et B y figurent si vous prévoyez de conduire un scooter en plus d’une voiture.

Comment obtenir le permis de conduire thaïlandais ?
Si vous vous installez en Thaïlande, le permis thaïlandais est la démarche à faire en priorité. J’ai moi-même passé le mien au DLT : la procédure est rapide quand le dossier est complet, et le permis vous facilite la vie au quotidien, que ce soit pour les contrôles de police ou pour la location d’un véhicule.
La conversion d’un permis français est la voie la plus simple. Voici les étapes concrètes.
1. Prendre rendez-vous via DLT Smart Queue
Téléchargez l’application DLT Smart Queue ou rendez-vous sur le site pour réserver un créneau au bureau DLT le plus proche de chez vous. Choisissez « For Foreigner » et renseignez votre numéro de passeport. Les créneaux peuvent être pris d’assaut selon les régions, donc anticipez de quelques jours.
2. Préparer le dossier complet
Les documents à fournir sont : votre passeport avec visa non-immigrant valide (original + copies), un certificat de résidence (délivré par l’ambassade de France ou le bureau d’immigration thaïlandais), un certificat médical récent (moins de 30 jours, disponible dans n’importe quelle clinique pour environ 100 THB), et votre permis de conduire français accompagné soit du permis international, soit d’une traduction certifiée en thaï.
Si vous n’avez pas de permis international, la procédure de traduction passe par l’ambassade de France à Bangkok : copie conforme du permis, traduction par un traducteur agréé, puis légalisation de la signature. Comptez quelques jours de délai et environ 1 500 à 2 000 THB pour l’ensemble des démarches.
3. Passer les tests au DLT
Avec un permis français et un PCI valide, vous êtes dispensé de l’examen pratique de conduite et du test théorique. Vous passerez uniquement les tests de perception : test de vision des couleurs (daltonisme), test de profondeur de champ et test de réflexes. Ces tests sont basiques mais obligatoires.
Vous suivrez ensuite une vidéo de formation d’une heure sur le code de la route thaïlandais. Le tout prend généralement une demi-journée.
Pour ceux qui n’ont pas de permis étranger à convertir, il faudra suivre 5 heures de formation vidéo, réussir un QCM de 50 questions (en anglais, 45 bonnes réponses minimum) et passer un examen pratique.
4. Récupérer le permis
Après réussite des tests, le permis est délivré le jour même. Le premier permis est temporaire et valable 2 ans. Au renouvellement, vous obtenez un permis de 5 ans sans repasser les examens, simplement en refaisant les tests de perception et en validant le module DLT e-learning en ligne.
Pensez à demander le permis voiture et le permis moto en même temps : cela vous évitera de revenir deux fois. Pour cela, apportez deux jeux de documents.
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Le code de la route thaïlandais : les règles à connaître
La Thaïlande a un code de la route, même si son application au quotidien reste inégale. Voici les règles essentielles à retenir.
La conduite se fait à gauche
C’est la première chose qui déstabilise les Français. Soyez particulièrement vigilant aux intersections et aux ronds-points, surtout les premiers jours. Le réflexe de regarder du mauvais côté met du temps à disparaître.
Les limitations de vitesse
Elles sont de 50 à 80 km/h en ville, 80 à 100 km/h sur route et 120 km/h sur autoroute. En pratique, ces limites sont rarement respectées par les locaux, mais les contrôles se multiplient. Depuis le 1er avril 2026, les autorités appliquent une tolérance quasi nulle sur 10 infractions majeures, avec des amendes nettement revues à la hausse.
Le taux d’alcoolémie autorisé
Le taux d’alcoolémie autorisé est de 0,5 g par litre de sang (0,2 g pour les conducteurs de moins de 5 ans de permis). Les sanctions ne se limitent pas à une amende : elles peuvent aller jusqu’à 20 000 THB (environ 530 €) et entraîner un passage devant le tribunal. Ne prenez pas le risque, même pour une courte distance. L’application Grab fonctionne très bien pour rentrer en sécurité.
Les équipements obligatoires
Le port de casque est obligatoire pour le conducteur et le passager, et ce depuis 2010. L’amende en cas d’infraction est de 500 THB. Je sais que la chaleur donne envie de s’en passer, mais les statistiques sont sans appel : les deux-roues concentrent 75 % des accidents mortels dans le pays.
La ceinture de sécurité est obligatoire pour tous les passagers, y compris à l’arrière, depuis septembre 2022.
Un principe non écrit mais bien réel : sur la route thaïlandaise, c’est le plus gros véhicule qui a la priorité. Les camions et les bus ne cèdent pas le passage. Gardez cette règle en tête en permanence.
Louer un scooter ou une voiture : les pièges à éviter
Louer un scooter en Thaïlande est facile : la plupart des loueurs vous remettent les clés sans vérifier grand-chose. C’est justement là que les ennuis commencent. Voici ce que vous devez savoir pour louer en toute sécurité.
Le permis moto (catégorie A)
Ce document est indispensable pour conduire un scooter, quelle que soit la cylindrée. En Thaïlande, il n’y a pas de distinction entre un 50 cc et un 125 cc : vous avez besoin du permis moto dans tous les cas. L’équivalence française A1/B n’est pas reconnue ici.
Ne laissez jamais votre passeport en caution chez un loueur
Le passeport est la propriété de l’État français. Préférez laisser une copie de votre passeport et une caution en espèces (généralement entre 2 000 et 5 000 THB selon le véhicule). Certains loueurs acceptent une empreinte de carte bancaire.
Avant de signer, inspectez le véhicule en détail
Côté budget, un scooter 125 cc se loue entre 200 et 500 THB par jour (5 à 13 €) selon le loueur et la région. Pour une location au mois, comptez 2 500 à 4 500 THB (65 à 120 €). La location d’une voiture démarre autour de 800 à 1 500 THB par jour (21 à 40 €) chez les loueurs internationaux type Avis, Hertz ou Budget, avec une assurance bien plus complète.
Pensez à prendre en photos de chaque rayure ou dommage existant. Des arnaques aux faux dégâts sont régulièrement signalées, notamment à Phuket et Pattaya.
Vérifiez auprès de votre assurance voyage que la conduite de deux-roues est couverte. Beaucoup de contrats excluent les scooters, ou ne couvrent que si vous êtes en possession du permis moto adéquat et du PCI. Sans couverture, une hospitalisation après un accident peut vite atteindre 30 000 à 200 000 THB (800 à 5 300 €), voire bien plus pour les cas graves.

Ce que personne ne vous dit sur la conduite en Thaïlande
Les contrôles de police sont fréquents, surtout dans les zones touristiques et dans le nord du pays. Des checkpoints signalés par des cônes et un triangle sont installés sur les routes principales. En cas de contrôle sans permis valide, l’amende théorique est de 500 à 1 000 THB. Ça semble peu, mais le vrai risque est ailleurs.
Le problème survient en cas d’accident. J’ai croisé des expatriés qui se sont retrouvés avec des factures d’hôpital de plusieurs dizaines de milliers d’euros et aucune assurance pour les couvrir, simplement parce qu’ils roulaient sans le bon permis. Les avantages de la vie en Thaïlande sont nombreux, mais la sécurité routière reste un sujet sur lequel il faut être rigoureux.
Autre point rarement mentionné : les périodes de Songkran (mi-avril) et du Nouvel An (fin décembre-début janvier) sont appelées les « 7 jours dangereux » (Jed Wan Antarai). Le nombre d’accidents explose pendant ces fêtes, en raison de l’alcool et de la fatigue liée aux longs trajets. Si vous pouvez éviter de conduire pendant ces périodes, faites-le.
FAQ – Conduire en Thaïlande
Peut-on conduire un scooter en Thaïlande avec le permis B français ?
Non. En Thaïlande, tout deux-roues motorisé nécessite le permis moto (catégorie A). L’équivalence A1 du permis B, qui permet de conduire des 125 cc en France après une formation, n’est pas reconnue par les autorités thaïlandaises. Pour conduire légalement un scooter, vous devez avoir le permis A tamponnée sur votre permis de conduire international ou un permis thaïlandais moto.
Combien coûte une amende pour défaut de permis en Thaïlande ?
L’amende est généralement comprise entre 500 et 1 000 THB (13 à 26 €). Depuis avril 2026, le défaut de permis lors d’une conduite dangereuse peut entraîner des sanctions allant jusqu’à 10 000 THB. Le risque principal reste l’invalidation de votre couverture d’assurance en cas d’accident.
Le permis international est-il suffisant pour un expatrié ?
Non. Le permis international n’est valable que pour les 3 premiers mois de séjour. Au-delà, vous devez obtenir un permis de conduire thaïlandais au DLT. Conduire avec un PCI expiré revient à conduire sans permis.
Peut-on acheter un véhicule en Thaïlande en tant qu’étranger ?
Oui, un étranger peut acheter une voiture ou un scooter en Thaïlande. Le véhicule doit être immatriculé à votre nom et assuré obligatoirement (assurance responsabilité civile minimum). Pour un scooter neuf, comptez entre 35 000 et 80 000 THB (environ 900 à 2 100 €) selon le modèle. L’assurance santé reste indispensable en complément de l’assurance véhicule.
Quels sont les frais médicaux en cas d’accident sans assurance ?
Les frais peuvent grimper très vite. Une fracture simple coûte entre 30 000 et 100 000 THB (800 à 2 600 €). Un traumatisme crânien avec chirurgie peut dépasser 200 000 THB (5 300 €). Sans assurance, l’hôpital peut conditionner le début des soins au paiement préalable.
La Thaïlande est-elle dangereuse pour conduire ?
Les statistiques sont préoccupantes : la Thaïlande figure régulièrement dans le top 10 mondial des pays les plus meurtriers sur les routes. La vitesse excessive, l’alcool et le non-respect du code de la route sont les causes principales. En revanche, les routes principales sont généralement en bon état, et en roulant prudemment, avec les bons documents et un équipement adapté, le risque est considérablement réduit. Pour connaître tous les aspects de la vie en Thaïlande par région, consultez nos guides par destination.
Les informations de cet article sont données à titre indicatif et peuvent évoluer. Les règles relatives au permis de conduire et au code de la route thaïlandais changent régulièrement. Avant toute démarche, consultez un professionnel spécialisé ou le site officiel du Department of Land Transport (dlt.go.th).
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